Libérer la parole des enfants à l’école Léo Malet
Aborder des sujets délicats avec les enfants peut sembler épineux, mais c’est le projet ambitieux mis en place par l’école Léo Malet.

Libérer la parole
« On voulait prendre le temps d’aborder des sujets que les enfants n’abordent pas forcément avec leurs parents ou leurs enseignants : savoir ce qu’ils pensent du monde, libérer leur parole et déconstruire les idées et stéréotypes qu’ils sont susceptibles d’avoir », lance Manu, animateur, à l’origine de cette initiative aux côtés de Maya Auberge, responsable périscolaire. Depuis novembre, Manu réunit les enfants par groupe de 6 à 10 un soir par semaine lors des TAC (temps d’accueil après la classe). De l’égalité homme/femme à la précarité dans le monde en passant par le harcèlement scolaire, rien n’est tabou.
« Le fait de discuter nous aide à nous mettre à la place des autres », Safia (CM1)
Que ce soient les CP/CE1 le lundi soir ou les CE2/CM1/CM2 le lendemain, les enfants écoutent d’abord Manu leur poser une question « volontairement dans la provocation pour les titiller », puis les langues se délient. Le but de l’animateur est d’amener les enfants à évoluer sur certaines questions : « Par exemple, lors de la première séance, je leur ai demandé s’ils pensaient que les tâches ménagères étaient réservées aux femmes. Il y en a encore certains qui répondent que oui. Pourtant, quand on leur demande quelle est la situation chez eux, ils disent tous que la répartition est équilibrée. Ces stéréotypes peuvent venir de la télévision, des réseaux sociaux... Le but est de déconstruire les préjugés qu’ils peuvent avoir. »
« On se pose des questions qu’on ne se pose jamais d’habitude », Nassim (CE2)
Un premier bilan en janvier
« C'est un projet récent, on fera un premier bilan après les vacances de Noël pour voir ce qu’en pensent les enfants », précise l’animateur. Il amène à mieux prendre en compte la parole des enfants, un axe développé par le Projet Éducatif de Territoire, PEdT.
« Pour l’instant, on voit que ça leur plaît, même si ce n’est jamais évident de les maintenir concentrés pendant une heure, en fin de journée », sourit Manu, qui souhaite continuer ce projet lors des années à venir.
« Quand on a parlé de la précarité, on s’est rendu compte de la chance qu’on avait », Rodaina (CM2)
Ce projet vient répondre aux ambitions du PEdT : le Projet Educatif du Territoire.